15 décembre 2015

Actualités

Un Français sur cinq souffre de précarité alimentaire

 
       Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 
 
Images d'illustration. Les Français considèrent qu'une personne seule est pauvre quand elle a un revenu mensuel inférieur ou égal à 1 118 euros

Images d’illustration. Les Français considèrent qu’une personne seule est pauvre quand elle a un revenu mensuel inférieur ou égal à 1 118 euros

afp.com/ROBYN BECK

Ne pas pouvoir faire trois repas par jour, ni s’alimenter sainement, est une réalité pour près d’un Français sur cinq, selon le baromètre du Secours populaire.

Un peu plus d’un cinquième des Français sondés (21%) ont déclaré ne pas être en mesure de s’offrir une alimentation saine, leur permettant de faire trois repas par jours. Et 27% ont admis ne pas avoir les moyens financiers de s’acheter quotidiennement des fruits et légumes, selon un baromètre du Secours populaire publié ce mardi.

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Mais c’est chez les foyers les plus modestes que cette tendance est la plus marquée. Ainsi, plus d’un Français sur deux dont les revenus mensuels sont inférieurs à 1 200 euros a indiqué avoir des difficultés à payer la cantine de ses enfants. Et près d’un sur deux (48%) estime avoir des difficultés à se procurer une alimentation variée. Par ailleurs, ils sont une écrasante majorité (86%) à estimer que la précarité alimentaire est le signe d’une situation de pauvreté.

39% à avoir connu une situation de pauvreté

De façon générale, le Secours populaire souligne que la situation financière d’une partie des Français s’est améliorée par rapport à 2017, tout en pointant qu’il sont 39% (+2% par rapport à 2017) à déclarer avoir déjà connu une situation de pauvreté.

 

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Quant au seuil de pauvreté, il n’y a pas d’évolution notable par rapport à 2017 : les Français considèrent qu’une personne seule est pauvre quand elle a un revenu mensuel inférieur ou égal à 1 118 euros, soit cinq euros de plus que l’année précédente.

Cette année encore, le sondage révèle que les vacances et la culture restent des postes de dépenses « problématiques » pour de nombreux Français. Ils sont 41% à admettre avoir du mal à partir en vacances une fois par an (45% en 2017).

75% considèrent que l’UE « ne s’investit pas beaucoup »

Et près d’un Français sur trois reconnaît avoir du mal à payer des actes médicaux mal remboursés (56% chez les bourses les plus modestes). À noter également qu’ils sont plus de 80% à penser que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération.

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Enfin, à quelques mois des élections européennes et alors que le renouvellement du Fond européen d’assistance aux démunis (FEAD), arrivant à échéance en 2020, n’est pas assuré, 75% des sondés considèrent que l’UE « ne s’investit pas beaucoup » dans la lutte contre la précarité alimentaire.

Sondage réalisé par téléphone du 22 au 26 juin 2018 sur un échantillon de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

« J’ai été violée 70 fois en 17 ans de rue » : le grand tabou des agressions sexuelles sur les femmes SDF

 

D’après l’Insee, 38% des sans-abri sont des femmes. Particulièrement vulnérables, elles sont très fortement exposées aux agressions sexuelles et aux viols.

Une femme SDF enveloppée dans les rues de Paris, le 3 décembre 2014.
Une femme SDF enveloppée dans les rues de Paris, le 3 décembre 2014. (JOEL SAGET / AFP)

« Environ une femme SDF sur trois a été agressée », explique Agnès Lecordier, présidente d’une fondation à son nom. L’association Entourageavance qu’une agression sexuelle sur une femme SDF a lieu toutes les huit heures en France. « En réalité, aucune étude n’a été faite sur le sujet, il est impossible d’avoir des chiffres », reprend Agnès LecordierMais tous les interlocuteurs contactés sont formels : les femmes en errance sont très fortement exposées aux agressions sexuelles et aux viols.

« On apprend à voir chaque homme comme un agresseur potentiel »

« Ici, toutes les femmes ont été confrontées à ce type de violences », affirme Quentin Le Maguer, le responsable d’un centre d’hébergement d’urgence au Samu social de Paris.

Ces femmes sont plus vulnérables car en marge de la société. Leur non-existence légale en fait des proies pour les agresseurs.Quentin Le Maguerà franceinfo

« Les agressions dans la rue, cela va du père de famille qui essaie de vous violer pendant que vous dormez au réseau mafieux qui monnaye un coin de trottoir », soupire Martine. Elle se souvient d’une adolescente ukrainienne, âgée de 15 ans à peine, qui devait chaque soir se soumettre à un homme pour pouvoir faire la manche le lendemain sans être violentée. « On apprend à voir chaque homme comme un agresseur potentiel. »

La première fois qu’elle-même a été agressée, Martine avait 22 ans. En rupture familiale, elle passait ses premières nuits dehors, réfugiée sous un Abribus : « L’employé d’un hôtel proche est sorti et m’a proposé de passer la nuit dans une chambre inoccupée, j’ai compris trop tard de quoi il s’agissait. » Meurtrie, elle refuse d’en dire plus. Ses lèvres tremblent et son regard se pose sur son café.

« On ne parle des SDF que quand il fait froid… »

« J’ai été violée 70 fois en 17 ans de rue », confie Anne Lorient, ancienne SDF, qui raconte son calvaire dans Mes années barbares (éd. La Martinière), co-écrit avec la journaliste Minou Azoulai.

J’ai été violée par d’autres sans-abri mais aussi par des hommes avec un domicile, qui m’ont dit que j’étais moins chère qu’une prostituée.Anne Lorientà franceinfo

« Certaines femmes passent des accords pour avoir accès à un hébergement », note Karine Boinot, psychologue clinicienne et auteure d’une thèse sur la souffrance psychique des personnes sans-abri. “Des femmes qui ont effectué un parcours migratoire arrivent souvent en France sans repères et ne maîtrisent pas la langue, fait aussi remarquer Quentin Le Maguer. Elles se retrouvent hébergées par des réseaux, prostituées de force ou dans des situations d’esclavage moderne chez des particuliers. »

Ces agressions quotidiennes se déroulent dans l’indifférence générale. « Le grand public n’est pas du tout au courant de cette réalité. On ne parle du quotidien des SDF que quand il fait froid dehors », soupire le responsable de centre d’hébergement d’urgence. Selon le dernier recensement de l’Insee, qui date de 2012, 38% des personnes sans-abri sont des femmes. Un chiffre relativement peu connu.

De la difficulté de porter plainte pour les victimes

Le 6 août dernier, Elvire boit un verre avec deux amies, sur une place du premier arrondissement de Marseille. La jeune femme met plusieurs minutes avant de réaliser qu’une personne SDF est en train de se faire violer, sous ses yeux. « Parce qu’ils semblaient SDF, personne n’y prêtait attention », se souvient-elle, encore choquée d’avoir assisté à cette scène en plein après-midi. « C’est une indifférence au sort des SDF qu’on a accepté dans le paysage », souffle Agnès Lecordier.

Une absence d’existence qui empêche les victimes de porter plainte : « Une personne ne peut pas parler de ses souffrances quand elle a perdu confiance dans la société », analyse Samuel Coppens, le porte-parole de l’Armée du salut. « Elles vivent avec la peur de ne pas être crues, certaines ont peur d’avoir une responsabilité dans ce qui leur arrive », se désole-t-il.

Pour Karine Boinot, il existe une défiance envers les autorités. « Moi les policiers, je leur crache dessus », s’emporte Marie, une femme SDF, près de la gare de Lyon, à Paris. « Ils n’ont jamais rien fait pour m’aider, je pourrais crever, ils ne s’approcheraient pas ! » Anne Lorient a porté plainte une dizaine de fois et fait une expérience amère :

C’est très dur de porter plainte, les SDF ne sont pas les bienvenues dans les commissariats. Ce sont les hôpitaux qui m’ont reçue qui ont souvent porté plainte à ma place.Anne Lorientà franceinfo

Contactées à ce sujet, la préfecture de police et l’Assistance publique des hôpitaux de Paris ont simplement expliqué à franceinfo ne pas avoir de données sur les personnes non logées.

Des menaces jusque dans les centres d’hébergement d’urgence

De nombreuses femmes développent des stratégies pour échapper à leurs agresseurs. « Dès qu’un mec s’approche, je m’urine dessus pour le faire fuir », raconte Marie d’un haussement d’épaules. « Parfois, cela ne suffit pas. » Elle hausse à nouveau les épaules. Cela fait bien longtemps, dit-elle d’un air détaché, qu’elle ne ressent plus rien. « Une grande partie de leur énergie est dépensée pour se protéger », remarque Agnès Lecordier. « Certaines dorment le jour à proximité des lieux sécurisés, comme les gares. L’important, c’est de sentir qu’il y a du monde. » La nuit, elles marchent ou restent dans les bus. « D’autres se regroupent entre elles ou se mettent sous la protection d’hommes. »

Les travailleurs sociaux interrogés s’accordent sur un cas : celui des femmes qui vivent dans la rue depuis trop longtemps. « Au bout d’un moment, elles renoncent à l’hygiène et à la propreté », alerte Agnès Lecordier. « Elles disent ‘tant pis’ pour leur corps. S’entourent d’immondices pour se protéger des hommes. » A ce stade-là, il devient difficile de se reconstruire : « Elles sont inaccessibles, se protègent à l’extrême. »

Les centres d’hébergement d’urgence, qui accueillent ces femmes pour une courte durée, ne sont pas sans risque pour elles.

Elles refusent d’aller dans des centres d’hébergement mixtes, car elles ne se sentent pas en sécurité. Il y a eu des viols à l’intérieur même de ces ‘refuges’.Agnès Lecordierà franceinfo

Certains centres sont réservés aux femmes. « Mais il y en a très peu. Seulement quatre ou cinq à Paris », accuse Agnès Lecordier. Pourtant, cela semble à certains travailleurs sociaux indispensable pour se reconstruire. « Retrouver confiance, pour ces femmes, passe par le fait qu’il n’y ait pas de menace. Et l’homme, pour une femme victime d’agression, est forcément une menace », argue Samuel Coppens.

Quentin Le Maguer dirige l’un d’entre eux, situé dans un ancien hôpital de banlieue parisienne. Les murs sont joliment peints en pastel, des dessins d’enfants égayent les murs. Chaque semaine, un gynécologue et un psychologue discutent avec les femmes hébergées, principalement des migrantes. « Les héberger ici, c’est réduire les risques de la rue, éviter les populations dangereuses pour elles », explique le directeur. Mais, de son propre aveu, les places sont rares.

« Tous les efforts ont été faits sur le bâti »

Pourtant, pour Karine Boinot, la reconstruction de ces femmes passe par la fixation dans un lieu de vie et le suivi psychologique. « C’est un long processus, souffle-t-elle. Certaines sont aidées par les rencontres qu’elles peuvent faire, des bénévoles et des professionnels. » Mais toutes ne peuvent être prises en charge dans ces structures. « La prise en charge, quand il y en a une, n’est pas la même partout, nuance une source anonyme. Certains centres se contentent de fournir des lits, sans considération aucune pour la dimension psychologique. » Les centres d’hébergement sont gérés par des associations, elles-mêmes financées par l’Etat ou les dons.

« Au Samu social, vu le budget qui nous est alloué par l’Etat, on ne peut pas financer des groupes de parole ou un suivi psychique. On est obligé de se tourner vers des dons », regrette Quentin Le Maguer. Il déplore que cette reconstruction après les agressions ne soit pas la priorité de l’Etat. « Tous les efforts ont été faits sur le bâti au détriment du cadre humain », abonde Samuel Coppens. Pourtant, difficile de s’en sortir pour ces femmes « abîmées »« en morceaux », sans que leur souffrance soit prise en compte.

* Le prénom a été changé.

Emotion à Corbeil après le décès de Philippe, à la rue depuis 23 ans

 
Sébastien Morelli
18 juillet 2018, 18h15
Corbeil-Essonnes. Philippe, 67 ans, est décédé après avoir passé 23 ans dans la rue. DR

C’était une figure de la place du Marché où il avait ses habitudes depuis 23 ans. Philippe, 67 ans, était très apprécié de ceux qui le connaissaient.

Il s’appelait Philippe. Après 23 ans passés dans la rue, principalement sur la place du Marché de Corbeil-Essonnes, son corps a lâché. « Un soir, il y a deux semaines, il m’a appelé. Il respirait mal. J’ai appelé les pompiers », raconte Yasin Kahriman qui tient un kebab sur la place. Ce sans-abri de 67 ans a été emmené au Centre hospitalier Sud francilien où il est décédé quelques jours plus tard.

Une nouvelle qui a profondément attristé ceux qui le connaissaient bien à Corbeil. « Ça fait sept ans que je le connaissais. On avait l’habitude de le voir tous les matins, il prenait un café, souffle Kamel Raoui du bar le Salengro. C’était quelqu’un qui ne demandait jamais rien à personne. Il ne se racontait pas trop, alors on ne lui prenait pas la tête avec ça. Mais une fois qu’on le connaissait bien, il déconnait bien. »

La mairie prend en charge ses obsèques

Selon Ali Gattoufi, de l’association Entraide et Solidarité 91, Philippe a basculé dans la précarité après avoir perdu sa femme. Mais personne ne sait ce qu’était sa vie d’avant, ni même son nom de famille. Seulement qu’il était natif de Corbeil. S’il passait ses journées sur la place du Marché, près de la BNP, la nuit il dormait dans des trains. Parfois, il acceptait des hébergements d’urgence l’hiver ou se payait une nuit d’hôtel.

Ses obsèques seront prises en charge par la ville de Corbeil-Essonnes. Ceux qui souhaitent rendre un dernier hommage à Philippe peuvent contacter la mairie. Car ces derniers jours, beaucoup de riverains ou de commerçants s’inquiétaient de ne plus le voir dans la rue.

Tous ceux qui l’ont fréquenté disent la même chose de Philippe. Un homme discret, fier, peu causant et ne faisant pas confiance facilement, mais très attachant. Il ne buvait pas, ne faisait pas la manche. « Il était très réservé et méfiant, on a mis du temps à tisser un lien, confie Ali Gattoufi. Au début, il n’acceptait rien de ce qu’on lui proposait. Puis petit à petit, il a accepté des paniers repas, des kits hygiène… On aimait passer du temps avec lui. Sa mort m’a déchiré le cœur. »

Les commerçants qui le connaissaient très affectés

A la BNP, la plupart des salariés le connaissaient. « Il était très discret et ne posait jamais de problème. On lui offrait du café, je lui ai donné des tickets-restaurant, mais il n’acceptait pas toujours, relate Sandrine Mornac, une conseillère de la banque. Un hiver, il avait un problème aux pieds, ses chaussures ne lui allaient plus. La directrice avait voulu lui en acheter, mais il n’avait pas accepté. »

Yasin aussi témoigne des difficultés pour l’aider. « C’est un clochard qui avait sa fierté. Il n’acceptait pas d’argent de gens qu’il ne connaissait pas. Il refusait même les cigarettes. Un hiver, il faisait froid, on s’est cotisé pour lui acheter des vêtements. Il n’a pas voulu les prendre. »

Outre le Salengro et le kebab, Philippe fréquentait également le restaurant la Grillade. « Il venait souvent manger chez nous. Il se mettait au fond, il ne voulait pas déranger. Souvent des clients réglaient sa note. Il nous laissait ses économies pour ne pas se faire dépouiller. Il prenait l’argent quand il en avait besoin », témoigne Hamza Bouguerra.

L’hygiène, un combat quotidien pour les femmes sans-abri

 

 

L'hygiène, un combat quotidien pour les femmes sans-abri

Le Samu social de Paris veut ouvrir les premiers bains-douches exclusivement réservées aux femmes. Un moyen pour elles d’accéder plus facilement à une meilleure hygiène et d’éviter les agressions dans les lieux mixtes.

Pour les femmes qui vivent dans la rue, l’accès à l’hygiène est complexe. Dans la quarantaine de bains-douches mixtes de Paris auxquels elles ont accès, elles sont régulièrement confrontées à un manque d’intimité mais aussi à des agressions parfois violentes

Afin de remédier à ce problème le Samu social de Paris a lancé une campagne de financement participatif, dans le but d’ouvrir de nouveaux bains-douches qui leur soient exclusivement réservés. Les femmes à la rue représentent aujourd’hui un quart des SDF. Leur nombre a augmenté d’au moins «66% en dix ans», selon les derniers relevés d’Agir ensemble pour la santé des des femmes (ADSF).

Alors que seulement 10% d’entre elles prennent le rsique d’accéder aux bains-douches municipaux, il est prévu de créer un lieu d’intimité dédié «dès l’automne», indique au Figaro la directrice générale du Samu social de Paris. Précisant toutefois que «rien n’est encore définit», Christine Laconde explique que ces lieux devraient se trouver «probablement dans le XIIe arrondissement». S’y croiseront «des professionnels de santé et des bénévoles». «Les femmes auront également la possibilité de se faire masser» pour soulager leur corps brisé, note la directrice du Samu social.

Le nombre des femmes à la rue a augmenté d’au moins «66% en dix ans»

«Ce projet fait suite à une campagne de sensibilisation lancée en octobre dernier: La rue avec elles», explique la directrice du Samu social de Paris. «Nous avons fait un travail d’observation et d’enquête et la question de l’hygiène est souvent revenue chez les femmes que nous avons rencontrées», précise Christine Laconde. Suite à ces rencontres, «nous avons donc eu une série d’échanges avec la Ville de Paris et nous avons obtenu un accord politique pour l’ouverture de bains-douches pour les femmes», ajoute-t-elle. Le Samu social de Paris a ensuite lancé un appel aux dons sur la plateforme Kisskissbankbank en avril. «Nous avons reçu beaucoup de messages. C’est rassurant et encourageant», s’enthousiasme sa directrice. À la fin de la campagne, le 23 mai, les dons s’élevaient à 46.338 euros.

Des lieux d’hygiènes bondés et mixtes souvent synonymes de violences

La réalisatrice Claire Lajeunie est la marraine du projet. Réalisatrice du documentaire Pauvres de nous et auteure du livre Sur la route des invisibles , elle n’est pas étrangère aux problèmes du quotidien que rencontrent ces femmes SDF. «Aujourd’hui, il n’existe que la Halte aux femmes à Paris qui soit exclusivement réservé aux femmes, mais il n’y a qu’une douche pour toutes les SDF de Paris», déplore-t-elle. Les autres lieux d’hygiène sont mixtes et accueillent aussi des retraités, des étudiants. «Il y a beaucoup de monde, pas d’intimité et parfois de la violence, donc les femmes n’y vont pas», précise la réalisatrice.

«Il y a des agressions» dans ces lieux, confirme Anne Lorient, ancienne SDF et auteure de Mes années barbares. «J’ai été violée dans un centre d’hébergement par le personnel», révèle-t-elle. «On préfère être dehors et sales plutôt que de se faire agresser. Dans les centres on est entre quatre murs, on ne peut pas s’échapper, alors on préfère se faire agresser dans la rue», explique l’ancienne sans-abri qui affirme avoir «été violée plus de cinquante fois».

L’hygiène, un moyen d’être «comme tout le monde»

Pour ces femmes, l’accès à l’hygiène est un combat quotidien. «Ces lieux qui vont être créés par le Samu social sont un moyen d’avoir accès à l’hygiène, à des infirmières et aussi de conserver une certaine féminité», explique Claire Lajeunie. Ces invisibles de la rue essaient de se fondre dans les lieux publics en étant «propres et bien habillées», précise Nadège Passereau, déléguée générale de l’ADSF. Se fondre dans le paysage, pour éviter les regards mais également les agressions.

L’hygiène reste un enjeu réel pour ces femmes qui tentent de conserver une dignité. «Car c’est l’apparence aussi qui permet de tisser des liens, d’aller vers l’autre et de se socialiser. Quand on est propre, c’est plus simple», poursuit Nadège Passereau. La propreté est «importante pour garder une estime de soi», ajoute Christine Laconde, directrice du Samu social de Paris.

Toilettes de bars, cafés, restaurants, aires d’autoroutes, ou encore squares, tout endroit est bon pour faire une «toilette rapide»

Avec «un espace public qui n’est pas adapté aux femmes», selon Nadège Passereau, les sans-domicile se débrouillent comme elles peuvent pour maintenir une hygiène minimum: toilettes de bars, cafés, restaurants, aires d’autoroutes, ou encore squares, tout endroit est bon pour faire une «toilette rapide».

«Quand j’étais à la rue, j’allais dans les parcs pour enfants où il y a des sources d’eau, mais ce sont de petites toilettes rapides et jamais des toilettes intimes…», se souvient Anne Lorient. Manque d’hygiène intime, des pieds, problèmes de peaux, gale, poux sont ainsi des défis quotidiens pour ces femmes. «On a aussi vu le retour de la tuberculose à Paris il n’y a pas longtemps» alerte cette ancienne sans-abri. Certaines se rendent ainsi dans «les CHU, CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale), ou les centres d’accueil de jour leur permettent un accès à l’eau», ajoute Nadège Passereau. Lorsqu’elles ont leur règles, beaucoup utilisent «du papier journal ou du coton», explique la déléguée générale de l’ADSF. «C’est une des premières choses qu’elles demandent: des protections hygiéniques», insiste-t-elle.

                                                                                                           Source article: Le figaro

Paris: Les sans-abri, dans l’ombre de la ville Lumière dès l’arrivée des beaux jour

 

HUMANITAIRE Depuis le 12 avril, l’Armée du salut organise une maraude quotidienne et matinale à Paris pour les sans-abri. Si les conditions météorologiques semblent moins redoutables en été, des associations dénoncent déshydratation et baisse des places d’hébergement…

Caroline Sénécal

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Illustration d'un SDF, devant un distributeur de billets de banque à Paris, le 30 octobre 2012.
Illustration d’un SDF, devant un distributeur de billets de banque à Paris, le 30 octobre 2012. — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • 129 décès de personnes sans-abri ont été recensés l’été dernier en France.
  • En 2017, leur moyenne d’âge s’élèvait à 49 ans, contre 82 ans pour le reste de la population.
  • Depuis le jeudi 12 avril, l’Armée du salut effectue des maraudes matinales et quotidiennes, en dehors de la période hivernale.
  • Plus de 3.000 places d’hébergement manquent chaque soir.

Avec 129 décès recensés l’été dernier au cœur de l’Hexagone, la chaleur ne réchauffe pas les cœurs des sans-abri. « Peu importe la saison, la température ou le temps qu’il fait, constate Fabrice en ajustant son papier journal dressé sur sa chaise en bois à l’entrée de la bouche du métro Dugommier (XIIe). La véritable meurtrière c’est la rue. »

Huit mille personnes sans-abri devraient retourner dans les rues parisiennes avec la fin de la trêve hivernale. En 2017, leur moyenne d’âge s’élève à 49 ans, contre 82 ans pour le reste de la population. Sur la même période, l’association Les Morts dans la rue déplorent 403 décès. Selon le collectif, il n’y a pas moins de mortalité à l’arrivée des beaux jours.

Des maraudes estivales

« Le seul changement pendant l’été, c’est la difficulté à trouver quelque chose à se mettre dans le ventre, ajoute Fabrice. Les associations prennent des congés, pas nous. » C’est une première dans la capitale qui risque de bouleverser le quotidien des sans-abri.

Depuis le jeudi 12 avril, l’Armée du Salut propose des maraudes matinales et quotidiennes, en dehors de la période hivernale. Eté comme hiver, l’opération « Bonjour » vise à servir un petit-déjeuner aux personnes et aux familles qui ont dormi dehors.

La déshydratation des plus fragiles inquiète

A la gare du Nord, aux abords de la gare de l’Est et sur les grands boulevards, une fourgonnette de l’Armée du salut sillonne les rues dès 6 heures pour distribuer boissons chaudes et croissants. « Nos bénévoles servent une centaine de personnes chaque matin, détaille Samuel Coppens, porte-parole de l’Armée du Salut. Des sacs de couchage et des produits d’hygiène sont également proposés en fonction des besoins des gens. » L’association s’inquiète de la déshydratation des plus fragiles avec la canicule.

« En été, il y a moins de regards tournés vers les sans-abri, moins d’actions menées pour leur venir en aide, ajoute Samuel Coppens. Ces personnes se sentent délaissées et complètement livrées à elles-mêmes. Il y a davantage de décès dans la rue que l’hiver. »

3.000 places manquantes chaque soir

« Je déteste cette chaleur, témoigne un quinquagénaire qui souhaite rester anonyme, agenouillé derrière son gobelet blanc, au bord des berges de Seine près de Bercy (XIIe). Il faut constamment trouver de l’ombre et un peu d’air frais. C’est rapidement très étouffant, les journées sont épuisantes. » Certains bénévoles et associations parisiennes motivées ne prennent cependant pas de vacances l’été.

L’équipe de rue de l’association Charonne existe depuis dix ans. « Les chiffres des personnes en grande précarité grimpent de façon phénoménale chaque année, révèle Vanessa, bénévole de cette petite structure de quartier. Aucune place de domiciliation, ni même d’hébergement n’est disponible. Cela représente plus de 3.000 places manquantes chaque soir, c’est une frustration quotidienne. »

Si pendant l’hiver, des places d’hébergement supplémentaires sont ouvertes dans des bâtiments publics, elles ont une autre vocation dès l’arrivée de la belle saison.

« La réaction des voisins est parfois déconcertante »

Chaque semaine, et ce toute l’année, des équipes de l’association Charonne constituées de deux à trois bénévoles parcourent les rues du XIe arrondissement, ainsi que d’une partie du XXe sans uniforme. Elles demandent l’autorisation aux personnes de s’asseoir par terre avec elles, car elles pénètrent chez elles pour échanger et recréer du lien social sans dons matériels.

« La réaction des voisins est parfois déconcertante, dénonce Vanessa. Ils s’adressent directement à nous, en utilisant la troisième personne pour qualifier le sans-abri, en le jugeant et en évitant soigneusement tout contact visuel avec lui. Certains vont même jusqu’à verser de l’essence sur leur corps endormi pendant la nuit ! »

Une insécurité et des menaces qui ponctuent également le quotidien de femmes seules dans la rue. L’année dernière, plus de 5.000 d’entre elles ont appelé le 115afin d’espérer trouver une place d’hébergement d’urgence à Paris. Une augmentation de 66 % en seulement dix ans.

Source article : 20 Minutes 

 

La Marche - LA RCA

Que fait La Voix Des Sans-voix le mercredi ? Nous voyageons!!!! Cette semaine, nous sommes allés en REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE !!! Une guerre interne déchire le pays depuis des années.

 Toute l’équipe de La Voix des Sans Voix s’est mobilisée afin de comprendre la situation dans une zone ou un pays défini.
Tous les Mercredis jusqu’au 18 Avril, nous vous présenterons en quelques mots simples la situation sociale dans un pays choisi.

La Marche - LE MEXIQUE

Ici aussi une guerre, cette fois-ci interne, qui se joue autour du trafic de drogue. Cette guerre rythme et façonne la société mexicaine.

 
Toute l’équipe de La Voix des Sans Voix s’est mobilisée afin de comprendre la situation dans une zone ou un pays défini.
Tous les Mercredis jusqu’au 18 Avril, nous vous présenterons en quelques mots simples la situation sociale dans un pays choisi.

La Marche - LE SOUDAN

La situation du Soudan du Sud, plus que dramatique, s’oppose radicalement avec la réalité de cette terre qui a tout pour nourrir, héberger et permettre à ses ressortissants de VIVRE.

Toute l’équipe de La Voix des Sans Voix s’est mobilisée afin de comprendre la situation dans une zone ou un pays défini.
Tous les Mercredis jusqu’au 18 Avril, nous vous présenterons en quelques mots simples la situation sociale dans un pays choisi.

La Marche - L'INDE

En Inde, pas de guerre, mais un quotidien très difficile pour les femmes, les enfants et les minorités religieuses.

Toute l’équipe de La Voix des Sans Voix s’est mobilisée afin de comprendre la situation dans une zone ou un pays défini.
Tous les Mercredis jusqu’au 18 Avril, nous vous présenterons en quelques mots simples la situation sociale dans un pays choisi.

La Marche - LA SYRIE

La Voix Des Sans-voix a particulièrement été marquée par la situation des enfants syriens, qui sont au milieu de cette guerre, une partie quasi majoritaire des victimes civiles.

Toute l’équipe de La Voix des Sans Voix s’est mobilisée afin de comprendre la situation dans une zone ou un pays défini.
Tous les Mercredis jusqu’au 18 Avril, nous vous présenterons en quelques mots simples la situation sociale dans un pays choisi.

GRAND FROID

Mercredi 7 février, Paris s’est réveillée sous un épais manteau neigeux. Douze centimètres de neige ont recouvert la capitale dans la nuit. Du jamais-vu depuis 30 ans. Dès le lundi 5 février, la préfecture de Paris a donc activé le Plan Grand froid

Nous avons durant cette période décidé d’ouvrir nos locaux afin d’accueillir les sans- abris n’ayant pas trouvé de place en hébergement.

Nous nous sommes alors déplacés afin d’aller les chercher dans les rues de l’Essonne.

SAINT MARTIN

Afin de venir en aide aux populations touchées par les ouragans, nous appelons l’Eglise à garder toutes ces familles en prière. 

Nous souhaitons agir premièrement à Saint Martin et Saint Barthélémy. Nous recevrons ainsi avec joie pour ces familles, des dons financiers uniquement, pas de vêtements ou de denrées alimentaires notamment dans un souci de transport. 

Voici un compte rendu de la mission à Saint Martin.

GOMA&KASAÏ-RDC

Depuis de nombreuses années, une guerre civile sévit en République Démocratique du Congo dans l’indifférence totale. 

Dans les régions de Goma et de Kasaï, nous voyons apparaître de grandes vagues de réfugiés. Ces personnes fuient la guerre et tous ses crimes. Viols, meurtres, enlèvements, séparation des familles, … 

Ces hommes, femmes et enfants vivent dans des conditions de précarité avancée. Soutenons les réfugiés de Goma et de Kasaï à travers la prière, les dons matériels et financiers, les mobilisations et différentes actions.

CALAIS 2015

Au mois de septembre, l’équipe est partie en mission à Calais auprès des réfugiés. Le Seigneur a mit à cœur d’aller sur place, afin de leur témoigner de l’Amour de Jésus-Christ. 

C’est plus de 4000 migrants qui se trouvent actuellement dans « la jungle », nom donné pour le camp de migrants, et qui vivent dans des situations déplorables. Par la grâce de Dieu, une équipe est sur place, et des cultes ont été mis en place. Une école aussi a été ouverte : « l’Ecole laïque du chemin des Dunes ».

Gloire à Dieu, et que notre Seigneur puisse fortifier l’équipe sur place.